| Memoriam PAPA Tout d’abord, la famille de Monsieur Georges Dufaux, créateur du site www.french.ch prie tous les internautes qui sont déjà allés surfer une fois ou qui vont souvent sur ce site d’accepter toutes ses excuses. En effet, Monsieur Georges Dufaux est décédé d’un cancer des poumons le jeudi 5 avril 2007. Vous comprenez maintenant pourquoi, le site de notre papa n’a pas été modifié ou plutôt qu’il n’a pas évolué ! Nous sommes désolés de ne pas vous l’avoir fait savoir plus tôt ! Le problème c’est qu’après notre période de deuil qui fut longue et difficile, la vie de tous les jours est repartie à toute allure et nous n’avons plus vraiment pensé à vous avertir ! Pire encore, nous avions promis à notre papa de lui faire un memoriam sur son lit de mort et il n’est toujours pas fait ! C’est pourquoi, il nous fallait combler cette lacune ! Notre père était un amoureux, un passionné de la langue française. Il n’avait qu’un but, le faire partager aux autres. Nous espérons donc que tout au long des pages de ce site, vous serez, vous aussi, enthousiasmés par cette belle langue ! Notre papa, Monsieur Georges Dufaux est né à Sainte-Foi-la-Grande près de Bordeaux le 25 juillet 1939 d’un père suisse et d’une mère française. Il sera l’aîné de 4 enfants : Philippe, Josette et Serge seront ses frères et sœur. Son père est métayer dans cette région vigneronne par excellence alors que notre papa suit sa scolarité normalement. C’est à 14 ans qu’il entre au séminaire envisageant par la suite un engagement dans l’Eglise. Ses études de théologie sont déjà bien avancées lorsqu’il devrait prononcer ses vœux - il a 20 ans - mais en raison de la rigidité dogmatique de l’Eglise - ses parents ne sont pas mariés - cela lui est refusé… C’est alors qu’il décide de revenir en Suisse, à la recherche des racines de son père, échappant ainsi à la guerre d’Algérie où il aurait dû partir. Notre papa débarque donc dans le petit village de Franex (une cinquantaine d’habitants à l’époque) au sud d’Estavayer dans le canton de Fribourg. Il y sera l’instituteur du village, assumant avec brio l’enseignement dans l’unique classe comportant tous les degrés. Invité pour les repas de midi dans les familles du village, il s’intègre ainsi rapidement à la vie du village. Après avoir remis la flamme dans l’Eglise avec ses élèves, il dira aussi une fois par semaine la prière dans cette Eglise presque abandonnée. Une autre cause pour laquelle il s’est alors engagé avec beaucoup de motivation fut celle de l’abolition de l’article 75 du code pénal interdisant aux enseignants de faire de la politique (et, à force de ténacité, il gagnera !) A cette époque, il fut aussi président du club cycliste « La Pédale de Bollion ». C’est lors d’une des soirées « poulets » de cette société qu’il fera la connaissance de sa future femme, notre maman, Marlène Mercier de Chavannes-le-Chêne. Ils se marient en 1968 et s’installent à Genève où ils accueillent quelques mois plus tard, leur premier enfant : Aurore. Puis viendra deux ans après, leur seconde fille, Laetitia. Notre papa acceptera alors de faire de nombreux « petits boulots » pour permettre à sa famille de vivre convenablement et pour mettre suffisamment d’argent de côté en vue d’une formation complémentaire qu’il prévoit à Paris. C’est en 1973 qu’il se rendra dans la capitale française pour suivre pendant 6 mois des cours pour apprendre le français aux personnes de langue étrangère. C’est lors de ce séjour qu’il fera la connaissance de son professeur Madame Marie-Anne Hameau, pour laquelle il aura une très grande admiration et avec laquelle une grande amitié se nouera. Pendant cette période, notre maman ira s’installer à la boulangerie de Buttes dans le canton de Neuchâtel chez sa sœur, avec ses deux filles. Puis, la famille à nouveau réunie, trouve à Valangin un lieu pour s’établir. C’est là qu’en 1976 notre papa peut enfin réaliser son rêve : ouvrir sa propre école de français pour les personnes de langue étrangère. Ses premières élèves sont des infirmières venues de Suisse-allemande qui travaillent dans le petit hôpital du Val-de-Ruz, à Landeyeux. C’est aussi à Valangin que naîtra notre frère Nicolas (1977). Puis, en 1978, nouvelle étape : notre papa ouvre dans un grand immeuble à Neuchâtel son Ecole Nouvelle de Français, école spécialisée pour les étrangers. Afin de pouvoir garder son école, notre papa (avec l’aide de notre maman) ira faire des nettoyages très tôt le matin dans de grands centres commerciaux avant d’aller donner ses cours. Petit à petit, son école commence à se faire connaître et à avoir une grande réputation ! D’abord en Suisse allemande puis à l’étranger, dépassant même les frontières de l’Europe (des étudiants canadiens, américains, érythréens, …). En 1982 toute la famille déménage à Neuchâtel puis, en 1990 à Peseux, dans une grande maison où plein d’étudiants de différentes nationalités prennent pension. Notre maman est partie prenante à part entière dans cette grande aventure, mise à contribution tant dans l’enseignement (elle donne les cours de français aux débutants) que dans l’intendance (repas, lessive,… pour tout ce « petit » monde). Notre papa pourra ainsi donner le meilleur de lui-même, toujours généreux de son savoir, voulant sans limite aider les autres. En 1996, notre famille adopte Hasan (1976), un étudiant venu de Turquie deux ans auparavant. Le contexte économique devenant de plus en plus difficile et les taux hypothécaires grimpant de façon vertigineuse, notre papa essaiera de sauver son école coûte que coûte mais il n’arrivera malheureusement pas à la garder ouverte au-delà de 1998. C’est une très grosse déception, mais comme toujours, sa passion pour la langue française lui permet de poursuivre son œuvre, la suite de Son Ecole, en quelques sortes, en créant un site internet -french.ch- qu’il tiendra à jour jusqu’aux derniers jours de sa vie (il a encore mis une dictée qu’il avait enregistrée sur son site quelques jours avant de mourir ; dictée qui parle… de la mort). En même temps qu’il façonne son site, il est aussi correcteur officiel du journal des chômeurs « Objectif Réussir » avec une conscience professionnelle exemplaire à côté d’un travail d’écrivain public qui lui convient si bien. Ce sera également le temps où notre papa deviendra grand-père ! Un rôle qui lui sied à merveille et qui le transforme ! Oh oui, pour « Papi Poissons, ses 6 petits-enfants seront très, très importants. C’est eux, entre autre, qui lui donneront la force de se battre, alors qu’arrivé à l’âge de la retraite, le diagnostic d’un cancer des poumons tombe comme un couperet, alors qu’il aurait tant voulu commencer à voyager ! Le jeudi soir 5 avril 2007, notre papa s’est éteint dans les bras de sa femme dans sa 68ème année, laissant sa famille dans un immense chagrin mais infiniment riche de tous les merveilleux souvenirs qu’il lui laisse et que personne ne peut lui ravir !... Notre papa repose au cimetière de Monpesat à Mourens dans le sud-ouest de la France aux côtés de ses parents, son oncle et son filleul, dans le caveau familial, sur la terre de ses ancêtres. Jusqu’à ses derniers instants dans le monde des vivants, notre papa aura été un homme passionné de la langue française, jouant avec les mots, d’un humour très cultivé ; avec ce côté généreux d’un grand humaniste qui, sa vie durant, a voulu communiquer sa passion à ses élèves, que ce soit comme instituteur, comme professeur dans sa propre école ou encore sur Internet durant ces dix dernières années (il était très fier du succès de son site et il le méritait pleinement, ayant passé des jours et des nuits entiers pour le rendre attractif !) C’est vrai, toute sa vie aura été habitée par ce besoin de partager ses connaissances avec rigueur, mais aussi plein d’humour… et toujours « impressionnant » ! Repose en Paix, Papa chéri, « Papi Poissons » adoré ! |