Compréhension écrite
Perdus dans la neige
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Perdus dans la neige.
Tony et Cindy, deux jeunes gens, ont perdu leur route au cours d’une tempête de neige. Pendant dix jours, ils ont espéré en vain. Les secours ne sont pas arrivés et ils vont manquer de nourriture. Ils décident d’abandonner leur voiture et de partir à la recherche d’un village.
- De quel côté allons-nous maintenant ? demanda Cindy.
Il reconnut l’arbre fendu et la grosse roche plate.
- De ce côté, dit-il, l’index tendu en direction de l’ouest.
Il n’était pas bien sûr de retrouver le chemin parcouru une première fois, mais il se serait bien garder de l’avouer.
- Je vois les repères, annonça-t-il d’un ton assuré, faisant taire la légère angoisse qui l’envahissait.
Le ronronnement des chasse-neige semblait venir de tous les côtés à la fois. Il s’intensifia à ce point que Tony s’attendait à voir les engins surgir des bois d’un instant à l’autre.
- Ici, cria-t-il. Par ici.
Le sbruits de moteur s’éloignèrent aussi vite qu’ils s’étaient rapprochés. Tony comprit qu’on ne les avait pas vus, qu’on n’avait pas entendu leurs cris. Quelle voix humaine aurait pu couvrir le vacarme des chasse-neige ?
Ils restèrent longtemps immobiles, tendant l’oreille au bourdonnement des moteurs jusqu’au moment où celui-ci eut fait place à un silence de mort.
Quelle malchance ! Des êtres humains – des sauveteurs – étaient venus tout près d’eux et ils ne les avaient pas repérés. Ils en oublièrent le campement, but de leur équipée. Il fallait plutôt retrouver la trace des chasse-neige, les rejoindre à tout prix. Le salut était si proche !
- Viens, dit Tony. Il faut faire vite.
Ils se mirent aussitôt en route, les yeux de Tony rivés sur l’endroit où il croyait avoir vu les chasse-neige jaunes.
- Attends-moi ici, cria Cindy, qui se traînait péniblement derrière lui.
- Tu ne peux pas marcher un peu plus vite, dit-il. Qu’est-ce qui t’arrive ?
- J’ai mal aux pieds, répondit-elle.
Il grogna intérieurement. La jeune fille le retardait toujours. Elle n’avait cessé, depuis leur rencontre, de lui porter malheur. Devant eux, une longue descente. Arrivés au bas de la côte, ils se trouvèrent presque à la lisière des bois où les chasse-neige avaient disparu. Tony eut l’idée de s’asseoir sur un traîneau pour n’avoir qu’à se laisser glisser. Cindy n’était très enthousiaste, mais Tony ne voulut rien entendre.
- Il faut aller vite, dit-il. Veux-tu rattraper les sauveteurs, oui ou non ?
La descente démarra à la perfection. Tony, à genoux à l’avant, se cramponnait à la serrure du capot. Derrière lui, Cindy tenait la corde. Le traîneau glissa d’abord lentement, mais prit rapidement de la vitesse, si bien qu’ils dévalèrent la pente, filant en flèche.
Tony riait de joie en sentant le vent siffler à ses oreilles. Les arbres et les rochers défilaient à vive allure. Enfin, ils gagnaient du terrain. Ils allaient être sauvés.
- Sauvés, cria-t-il.
- Pas trop vite, protesta Cindy.
Il répondit par un rire moqueur. Mais, un instant plus tard, ils filaient si vite qu’il n’était plus question d’arrêter ou de contrôler la course du traîneau. Il tenta de le faire virer, en se penchant de tout son corps. Le traîneau toucha les rochers, fit un tête-à-queue avant de continuer sa course folle. C’est à peine si Tony se rendit compte que Cindy avait été éjectée.
La descente se termina brutalement. Tony fut projeté à travers des broussailles avant de bondir par-dessus un ravin abrupt, tandis que le traîneau, libéré de ses passagers, exécutait un magistral vol plané. Tony, lui aussi, faisait de la voltige au-dessus des arbres et des buissons avant de retomber lourdement sur le sol.
Il entendit Cindy, qui, un peu plus haut, l’appelait, criait son nom.
Il tenta de se relever, se croyant seulement contusionné.
Mais quand il essaya de se tenir debout, sa jambe gauche flécit et il retomba. (…)
Il s’était fracturé la jambe et ne pouvait plus rien faire.
Quelle chance de salut leur restait-il désormais ?
D’après Harry Mazer
« Seuls dans la tourmente »
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