Compréhension écrite
Durée : 45 minutes
Conseil : Imprimez cette page afin de lavoir sous les yeux pour répondre au questionnaire
Texte : Enquête policière
A minuit, un soir dhiver, une femme est trouvée devant sa maison, allongée dans la neige, une plaie à la tête. Mais qui a donc tué Mme Lorry ? Séverine, sa nièce, était seule présente la nuit fatale dans la villa. La police enquête
- Parlez-moi de votre soirée, insista linspecteur qui avait encore bien des questions à poser à la jeune fille. Dites-moi exactement comment elle sest passée.
- La soirée fut excellente, mais courte pour moi qui avait fort sommeil. Il ne devait être guère plus de neuf heures lorsque jai fait part à ma tante de mon intention de monter me coucher. Elle ma approuvée immédiatement.
- Vous avez donc laissé Mme Lorry au salon ?
- Oui. Elle tenait absolument à terminer la lecture dun roman qui la passionnait.
-Lorsque vous vous êtes quittées, vous ignoriez donc que votre tante se rendrait encore dans la courette ?
- Je savais quelle devait faire sortir son chien. Je lui ai même proposé de le faire à sa place, mais elle a refusé mon offre. Ma tante préférait soccuper elle-même de Floc quelle aimait beaucoup et quelle traitait presque comme un enfant.
- Pouvez-vous imaginer quels furent ses gestes à ce moment-là ?
- Facilement. Hier au soir nous étions montées ensemble et elle a dû refaire, ce soir, les mêmes gestes que la veille.
- Cest-à-dire ?
Séverine répondit docilement :
- Eh bien, elle a dû décrocher son vêtement en passant par le hall. Elle est entrée ensuite dans la cuisine, a allumé la lampe posée sur la façade de la maison, a tiré le gros verrou qui ferme la porte, et a rabattu cette dernière vers lintérieur de la pièce. Elle aura ensuite poussé son chien dans la courette et laura surveillé depuis la première marche qui est protégée par un petit toit.
- Et cest à ce moment précis, continua la voix de linspecteur, que quelquun la frappée, par derrière, avec une grande violence. Puis lassassin, une fois son forfait accompli, a refermé la porte de la cuisine et a disparu dans la maison, où il sétait si bien caché en attendant son heure.
En entendant ces paroles, Séverine réagit immédiatement :
- Vous ne voulez pas dire que lassassin sest trouvé, un moment donné, dans la maison ?
- Cest exactement ce que jaffirme. Jai constaté que dans la courette il ny a nulle trace de pas, à part celles laissées par le docteur et le chien. Croyez-moi, lassassin sest trouvé derrière sa victime, à lintérieur de la maison. Il y est resté forcément, puisquil na foulé la neige de la petite cour à aucun moment : ni avant ni après son crime.
- Et moi je vous affirme que cest impossible, cria presque Séverine.
Elle reprit ensuite plus doucement :
- Comment, selon vous, cet assassin serait-il entré dans la maison ? Lorsque nous sommes parties ce matin, aux environs de onze heures, nous avons soigneusement fermé toutes les issues. De plus nous avions laissé Floc dans le hall et le chien naurait jamais laissé un étranger pénétrer dans la propriété. Il est hargneux à lextrême et si quelque rôdeur sétait seulement permis de stationner devant la porte, il aurait aboyé sans discontinué. Cest un vrai chien de garde, et cest pour cette raison que je maintiens que personne ne sest introduit au Repaire pendant notre absence. Je vous le répète : le chien ne laurait pas admis.
Un silence pesant suivit cette déclaration formelle.
Ce fut Séverine qui le rompit en demandant, dune voix qui trembla dun espoir quelle sollicitait de tout son être.
- Ne pensez-vous pas quil puisse sagir dun accident ? Les apparences peuvent être trompeuses. Il a fait tellement e vent ces jours-ci quune tuile, par exemple, aurait pu se détacher du toit, et dans sa chute, provoquer la mort de ma tante <
- Cest une hypothèse qui, malheureusement, est à écarter définitivement. Jai envisagé cette possibilité, que jai dû rejeter pour une raison bien élémentaire. Réfléchissez un peu : si un pareil objet était tombé, nous devrions, fatalement, le retrouver. Or, dans la petite cour, il ny a rien. Rien que la neige. Nous devons donc en déduire que lassassin a frappé depuis la maison.
Le docteur Knecht se mêla à la conversation et posa une question à linspecteur Grey :
- Avez-vous pensé quentre le moment où Séverine est montée se coucher et celui où Mme Lorry a sorti son chien, quelquun aurait pu sintroduire dans la maison ?
- Malgré Floc, les fenêtres munies de leurs volets et la porte solidement verrouillée ? intervint Séverine. Non, cest tout à fait impossible. Et ma tante nattendait personne. Dailleurs qui aurait-elle reçu à cette heure tardive et à mon insu ? Il faut admettre, comme une vérité absolue, quaucun étranger nest venu dans cette demeure.
Claire Graf
« Le Repaire en deuil »
© Georges Dufaux pour Global French Language