Compréhension écrite 
 

Conseils : imprimez ce texte et lisez-le plusieurs fois pour répondre au questionnaire
 

Texte : A la pêche

 

Le petit Nicolas est en colonie de vacances. Aujourd’hui, il va à la pêche avec son équipe, l’équipe Œil-de-Lynx. A leur retour, tout le camp pourra déguster une merveilleuse soupe de poisson. Le cuisinier est prévenu.

 

Nous sommes partis avec nos cannes à pêche et nous sommes arrivés sur la jetée, tout au bout. Il n’y avait personne, sauf un gros monsieur avec un petit chapeau blanc qui était en train de pêcher, et qui n’a pas eu l’air tellement content de nous voir. (…)

- Quels sont ceux d’entre vous qui sont déjà allés à la pêche ?

- Moi, a dit Athanase. L’été dernier, j’ai pêché un poisson comme ça ! Et il ouvert les bras autant qu’il a pu. Nous, on a rigolé parce qu’Athanase est un menteur ; c’est même le plus menteur de nous tous.

- Tu es un menteur, lui a dit Bertin.

- Tu es jaloux et bête, a dit Athanase. Comme ça qu’il était mon poisson. Et Bertin a profité qu’Athanase avait les bras écartés pour lui coller une gifle. (…)

Le chef nous a montré comment il fallait faire pour mettre un ver au bout de l’hameçon. « Et surtout, il nous a dit, faites bien attention de ne pas vous faire mal avec les hameçons. »

On a tous essayé de faire comme le chef, mais ce n’est pas facile, et le chef nous a aidés, surtout Paulin qui avaient peur des vers et qui a demandé s’ils mordaient. Dès qu’il a eu un ver à son hameçon, Paulin, vite, vite, il a jeté la ligne à l’eau, pour éloigner le ver le plus possible. On avait tous mis nos lignes à l’eau, sauf Athanase et Bertin qui avaient emmêlé leurs lignes, et Gualbert et Calixte qui étaient occupés à faire une course de vers sur la jetée.

« Surveillez bien vos bouchons » a dit le chef.

Nous, les bouchons, on les surveillait, mais il ne se passait pas grand-chose, et puis, Paulin a poussé un cri, il a lâché la canne qui est tombée sur les rochers. Le chef s’est passé la main sur la figure, et il a regardé Paulin qui pleurait, et puis il a dit : « Attendez-moi, je vais aller chercher la canne de ce petit maladroit. » Le chef est descendu sur les rochers, et c’est dangereux parce que c’est très glissant, mais tout s’est bien passé, sauf que ça a fait des histoires quand Crépin est descendu aussi pour aider le chef, et il a glissé dans l’eau, mais le chef a pu le rattraper et il criait tellement fort le chef, que très loin, sur la plage, on a vu des gens qui se levaient pour voir. Quand le chef a rendu la canne à Paulin, le poisson n’était plus au bout de la ligne. Là où Paulin a été vraiment content, c’est que le ver n’y était plus non plus. Et Paulin a été d’accord pour continuer à pêcher, à condition qu’on ne lui remette pas de ver à l’hameçon.

Le premier poisson, c’est Gualbert qui l’a eu. C’était son jour à Gualbert : il avait gagné la course de vers, et maintenant, il avait un poisson. On est tous allé voir. Il n’était pas très gros, son poisson, mais Gualbert était fier quand même et le chef l’a félicité. Après, Gualbert a dit qu’il avait fini, puisqu’il avait eu un poisson. Il s’est installé sur la jetée et il a dormi.

Le deuxième poisson, vous ne devinerez jamais qui l’a eu. C’est moi. Un poisson formidable. Vraiment terrible. Il était à peine plus petit que celui de Gualbert, mais il était très bien. Ce qui est dommage, c’est que le chef s’est fait mal au doigt avec l’hameçon, en le décrochant (c’est drôle, je l’aurais parié que ça allait lui arriver).

C’est peut-être pour ça que le chef a dit qu’il était l’heure de rentrer.

Athanase et Bertin ont protesté parce qu’ils n’avaient pas encore réussi à démêler leurs lignes.

 

En donnant les poissons au cuisinier, on était un peu embêtés, parce que deux poissons pour faire la soupe pour tout le camp, c’est peut-être pas beaucoup. Mais le cuisinier s’est mis à rigoler et il nous dit que c’était parfait, que c’était juste ce qu’il fallait. Et pour nous récompenser, il nous a donné des biscuits.

Eh bien, le cuisinier est formidable. La soupe était très bonne et M. Rateau a crié :Pour l’équipe Œil-de-Lynx… hip hip…

« Hourra » a crié tout le monde, et nous aussi, parce que nous étions drôlement fiers.

Après, j’ai demandé au cuisinier comment ça se faisait que les poissons étaient si gros et si nombreux. Alors, le cuisinier s’est mis à rigoler, et il m’a expliqué que les poissons, ça gonfle à la cuisson.

Et comme il est chouette, il m’a donné une tartine à la confiture.

 

D’après Sempé et Gosciny

« Les vacances du petit Nicolas »

 

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